l'ennemi

l'ennemi Sujets / Le sujet / Autrui /

Un début de problématisation ...

   
L'ennemi se présente à nous sous la condition d'une double distinction : s'il désigne de prime abord l'individu en tant qu'il cherche à nous nuire, il désigne également celui contre qui on se bat. Parce que l'homme est, semble-t-il, voué à vivre en communauté, il a besoin de partager ses sentiments, ses jugements, user du langage envers autrui, partager son sentiment d'exister, qu'il peut appréhender dans un rapport de coopération vis-à-vis de ses semblables. Aussi la communication entre les membres de la communauté semble le besoin le plus vital du point-de-vue de la vie sociale, puisqu'elle permet non seulement de côtoyer autrui, mais également implicitement de le considérer comme mon semblable.
Toutefois, les relations qu'entretiennent les hommes sont très souvent, par leurs divergences, source de conflit : parce qu'autrui peut être différent de moi, son étrangeté constitue pour moi une énigme, qui lorsqu'elle s'impose à moi sans que je ne cherche à la comprendre, peut engendrer l'hostilité et la violence. Dès lors, il apparaît que la relation avec autrui, si elle semblait s'inscrire dans un rapport de coopération, de semblable à semblable, puisse devenir un rapport antagoniste, c'est-à-dire d'affrontement. Or, c'est précisément dans un tel rapport que je peux qualifier autrui d' « ennemi » ; il n'est plus mon semblable mais il devient au contraire l'étranger, l' « autre », alors qu'il était précédemment le « même ». C'est cette double structure qui semble caractériser le lien avec autrui : il est à la fois ami parce qu'il est mon prochain, mais à la fois ennemi, le lointain, parce qu'il peut chercher à me nuire ou s'opposer à moi en imposant sa différence.
Alors, autrui est-il un ennemi ou un ami ? Est-il mon prochain ou mon lointain ? Il semble y avoir deux façons possibles de méconnaître autrui, qui s'assimilent aux deux faces d'une même médaille : soit l'assimiler à moi, ce qui revient à nier sa différence, soit le considérer comme absolument étranger et inconnaissable. Dès lors, il semble falloir s'interroger sur la façon dont nous pouvons chercher à comprendre à autrui : est-il pour moi un ami ou un ennemi ? Comment comprendre que l'autre puisse être une menace, un danger pour moi ? Si l'autre n'est pas nécessairement un être hostile, est-ce à partir de moi que je dois tenter de le comprendre, ou bien est-ce en cherchant à le comprendre à partir de lui-même ? Autrui n'est-il qu'un ennemi, quelqu'un de radicalement différent au point que je puisse l'employer comme un simple instrument ? Tel est le chemin problématique que nous allons emprunter.

Obtenir un corrigé personnalisé du sujet de philosophie : l'ennemi

Vous devez traiter ce sujet ?

Obtenir le corrigé de l'ennemi Notre équipe de professeurs de philosophie se propose de réaliser pour vous un véritable corrigé de "l'ennemi". Votre sujet de philo sera traité selon les indications que vous fournirez. Vous pouvez même spécifier le délai sous lequel vous souhaitez recevoir votre correction. Vous recevrez votre corrigé par email, en toute simplicité, dés que votre sujet aura été traité.

Obtenir ce corrigé - Fonctionnement de MaPhilo.net

Discuter de ce sujet

Souhaitez-vous commenter ce sujet, pour obtenir de l'aide de la part des autres visiteurs ou, au contraire, en offrir ?

Sujets similaires :

puce L'ennemi - L'homme, l'humain
puce L'ennemi est-il un homme ? - L'homme, l'humain
puce art ennemi du bon goût - L'art
puce Le désir est-il l'ennemi de la raison? - Le désir
puce Le désir est-il l'ennemi de la raison? - Le désir




Citations sur l'ennemi :

puce L'ennemi de ton ennemi est ton ami. - Inconnu
puce Le pire est l'ennemi du mal. - Claude Aveline
puce Le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût. - Marcel Duchamp
puce Il est plus facile de pardonner à  un ennemi qu'à  un ami. - William Blake
puce L'ami qui n'est ami que par intérêt deviendra un ennemi, à  coup sûr. - Abu Shakour