L'existence - Cours de philosophie

L’existence

 

Les enjeux de la notion – une première définition

 

            Si l’on désirait placer en exergue une question essentielle à propos de l’existence, sans aucun doute devrait-ce être la suivante, posée par Leibniz : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». Néanmoins, cette question n’est pas sans présupposés majeurs ; elle naît dans le contexte chrétien du problème de la création et sous-entend que l’existence est supérieure à la non-existence, qu’elle est une « perfection ». De plus, elle concerne toutes les créatures de Dieu, les choses et les animaux tout autant que les hommes. Or, il semble que c’est à partir du moment où la question de l’existence se « réduit » à celle de l’existence de l’homme qu’elle acquière une nouvelle formulation et qu’elle devient inséparable d’une question plus spécifique : « l’existence a-t-elle un sens ? ». À cette dernière question, les philosophes ne prétendent pas répondre frontalement, mais l’on peut dire qu’elle oriente secrètement leurs réflexions. En effet, évoquer le sens de l’existence montre que, pour l’homme, il n’est jamais suffisant (bien que cela soit nécessaire !) de combler ses besoins vitaux, de vivre au sens seulement biologique. L’homme est bien un être naturel mais il est en même temps plus que cela : il est, mais il a aussi conscience d’être. L’homme se rapporte à des fins, des objectifs, des buts. Il est lié à des projets.  

 

Essence et existence

 

« Cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Car, comme les thalers possibles expriment le concept et les thalers réels, l’objet et sa position en lui-même, au cas où celui-ci contiendrait plus que celui-là, mon concept n’exprimerait pas l’objet tout entier et, par conséquent, il n’en serait pas, non plus, le concept adéquat. Mais je suis plus riche avec cent thalers réels qu’avec leur simple concept (c’est-à-dire qu’avec leur possibilité). » Kant, Critique de la Raison pure.

 

            Les philosophes antiques ne semblent pas s’être intéressés particulièrement à ce qui fait la spécificité de l’existence. Certes, Aristote distingue ce qu’est une chose (ti esti) et le fait qu’elle est (oti esti) mais cette distinction joue un rôle relativement mineur dans sa philosophie. Si l’on désire savoir pour quelles raisons la question de l’existence semble ne pas se poser pour les Grecs, il faut remonter à Platon et à son identification de l’essence et de l’existence dans les formes intelligibles, dans les Idées. En effet, une chose sensible n’a pour lui d’ « être » que par sa participation à certaines Idées (ex : ce cheval particulier participe de l’idée du cheval), à des essences qui sont immuables, universelles, etc. La philosophie hérite de cette définition inaugurale, et quand bien même l’existence est ensuite reconnue comme fait brut, situation particulière dans l’espace et dans le temps, etc. et est ainsi dissociée de l’essence, il n’en demeure pas moins que celle-ci a un privilège immense en ce sens qu’elle seule permet de comprendre ce qu’est la chose, de la définir, d’en faire un objet de discours. L’essence donne la nature universelle, non changeante d’une chose (ex : Socrate est sage) tandis que l’existence n’a affaire qu’à des accidents (ex : Socrate est assis). Que l’existence ne soit pas alors un problème, ceci le montre que le mot latin existere a longtemps exclusivement signifié  « sortir ». Ainsi, Lucrèce pouvait écrire : les vers existent du cadavre.

 

            Cela ne signifie pourtant pas que l’histoire de la philosophie jusqu’à la modernité est l’histoire d’une ignorance de la question de l’existence. Déjà les scolastiques (la philosophie médiévale) et les philosophes de la Renaissance désignent par existence le mode d’être des créatures, à savoir le fait qu’elles proviennent d’autre chose qu’elles-mêmes, Dieu. La  distinction d’Aristote ci-dessus mentionnée acquiert une importance considérable (le fait d’être pour une chose, son existence, est alors, en latin, son quod). Mais, si exister signifie venir de Dieu, avoir été créé par lui, alors on peut se demander ce qu’il en est de l’existence de Dieu. Cette question va occuper le devant de la scène philosophique jusqu’à la fin de l’époque classique. Il s’agit alors de donner des preuves de l’existence de Dieu ; la plus célèbre d’entre elles est la preuve ontologique que soutiendront notamment Descartes, Spinoza et Leibniz. Elle se formule ainsi : l’existence est une perfection (elle est supérieure au non-être) ; un être parfait possède toutes les perfections ; Dieu est un tel être parfait ; donc Dieu existe. 

 

            Kant s’oppose au fait que l’existence soit une perfection. Car, affirme-t-il, l’existence n’est pas un attribut qui s’ajoute aux autres attributs d’une chose. Elle n’est pas un prédicat réel (« réel » désignant pour Kant ce qui appartient à l’essence, et non le fait d’être). Pour le dire simplement, on ne peut mettre à un même niveau ces deux données que sont pour une pièce le fait de valoir 1 Euro et le fait que cette pièce existe et est, par exemple, en ma possession. Autrement dit, le fait que cette pièce existe ne change rien à son essence ou réalité. C’est que l’existence est une modalité (et non une propriété) comme le sont le possible et le nécessaire. C’est une modalité qui se donne dans une perception immédiate.

 

Puissance/Acte - Possibilité/Réalité

 

« L'acte est donc le fait pour une chose d'exister en réalité et non de la façon dont nous disons qu'elle existe en puissance, quand  nous disons, par exemple, qu'Hermès est en puissance dans le bois ... eh bien! l'autre façon d'exister est l'existence en acte. » Aristote, Métaphysique

 

            Nous nous sommes exclusivement intéressés à la notion même d’existence dans son opposition « traditionnelle » à l’essence. Mais il est nécessaire de se détacher pour un temps des mots car il y a dans l’histoire de la philosophie d’autres oppositions qui, bien que ne faisant pas entrer en jeu le terme d’ « existence », en éclairent pourtant le concept et sont essentielles pour comprendre les réflexions modernes sur l’existence. Ainsi, si chez Aristote, la différence entre le « ce qu’est une chose » et le « fait d’être » était d’une certaine manière marginalisée, il en va tout autrement de la distinction entre puissance (dunamis) et acte (energeia). Être en acte, c’est être pleinement réalisé, avoir développé toutes ses potentialités. Prenons l’exemple d’une statue en marbre ; d’une certaine manière, cette statue était en puissance dans le marbre non encore travaillé par le sculpteur puisque le marbre pouvait acquérir cette forme. Cependant, ce n’est là qu’une puissance passive car elle suppose l’action d’autre chose qu’elle. Il en va autrement de la graine qui est une plante en puissance : elle l’est activement car c’est d’elle-même qu’elle deviendra plante. Être en acte, cela recouvre bien ce que l’on entend communément par existence.

 

            Intéressons-nous à présent à Leibniz, Nous avons vu que celui-ci acceptait la preuve ontologique de l’existence de Dieu. Cependant, il reprochait à ses prédécesseurs et contemporains de ne pas avoir commencer en démontrant la possibilité de Dieu. C’est que Leibniz porte une attention considérable aux modalités. Il distingue ainsi le possible du réel. Le possible, c’est l’essence sans l’existence qui a besoin d’un acte pour devenir réel. Être possible, c’est simplement n’être pas contradictoire au sens logique : ainsi « 2 + 2 = 5 » est impossible. Mais cette possibilité n’implique aucunement l’existence. Il y a des choses possibles qui ne se réaliseront jamais. Ceci s’explique par le fait que Dieu, qui a créé le monde, avait à sa disposition une infinité de possibles. C’est la combinaison de ces possibles qui interdisait que certains d’eux passe à l’existence. Car, les possibles élus pour former le monde devaient être compossibles (possibles en même temps). Il était possible que je naisse à Paris ; il était aussi possible que je naisse à Pékin ; mais il n’était pas possible que je naisse et à Paris et à Pékin. Leibniz ajoute que dans cette combinaison, Dieu a choisi l’ordre le meilleur (« harmonie préétablie »), affirmation qui suscitera les railleries de Voltaire.

 

            Avant de traiter de ce qu’on a appelé les philosophies de l’existence, évoquons la pensée de Hegel. Celui s’oppose à Kant qui affirmait que l’existence n’était pas une propriété (un prédicat) des choses. Hegel pense que l’existence est un moment dans un processus (qui va de l’essence au Concept). L’existence, ce n’est rien d’autre que l’essence qui devient effective. Mais on ne croira pas que cette effectivité est extérieure à la chose, lui advient du dehors. Au contraire, elle lui appartient en propre. Notons que cette conception sera l’objet de sévères critiques, notamment celles de Feuerbach et Marx, selon lesquels il est impossible de ramener le fait brut de l’existence à une dimension de la pensée.

 

Les philosophies de l’existence

 

Si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme, ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. » Sartre, L’existentialisme est un humanisme.

 

            Kierkegaard (philosophe auquel ne cessera de se référer la pensée existentialiste) est lui aussi un critique du « système » hégélien et de ses prétentions à totaliser le réel. Pour lui, la philosophie doit cesser d’être purement « spéculative », en retrait du monde. Elle doit au contraire s’enraciner dans la situation concrète des individus. Le penseur lui-même est pris dans le tourbillon du monde ; sa réflexion doit porter sur ces sentiments que sont le désespoir, l’angoisse, etc. ceci non afin de s’enfermer en lui-même mais bien plutôt de parvenir à une véritable éthique et à une véritable religion (notons que l’existentialisme s’est divisé en existentialisme chrétien et existentialisme athée). En effet, en s’intéressant à ces affects, Kierkeggard ne fait pas simplement œuvre de psychologue, mais il désire montrer en quoi ils dévoilent des modalités ou des possibilités de l’existence : par exemple, l’angoisse est inséparable de l’expérience de la liberté. Notons de plus que l’interrogation sur l’existence implique nécessairement l’auteur dans son questionnement. Jaspers est très proche de Kierkegaard. Comme lui, il montre que l’existence ne peut être objectivé, qu’elle est un donné immédiat. Selon Jaspers, la véritable existence, c’est celle qui fait l’épreuve des limites de sa liberté sans sombrer dans la résignation, qui se dirige vers le Transcendant, l’au-delà du monde physique, et fait ainsi l’expérience du choix, cette expérience étant un face à face avec la souffrance, la mort, etc.

 

            On considère souvent Heidegger comme la figure majeure de la philosophie de l’existence alors même que celui-ci refusait ce titre, arguant que son intérêt était dirigé entièrement vers l’Être. Il n’en reste pas moins que, dans Être et temps, il affirme que la question de l’être ne peut être posée que par un et un seul étant, l’homme ou Dasein. Or, l’être de cet étant, son essence, c’est l’existence. Il n’y a que l’homme qui existe car exister (Heidegger prend le mot au sens littéral, comme extase, sortie hors de soi) c’est « ouvrir » un monde, l’habiter (et non simplement être dans ce monde comme un objet dans une boîte) celui-ci étant l’horizon de ses projets. C’est ainsi que Heidegger en vient à dévoiler les structures existentiales du Dasein. Il utilise le mot « existential » et non pas « existentiel » pour montrer qu’il est question pour lui de l’être ou de l’essence de l’homme et non pas simplement de manifestations concrètes, de situations subjectives (l’existentiel dérive de l’existential). Ces structures existentiales, ce sont l’ « être-au-monde », l’ « être-avec », l’affectivité », le « souci », etc.  

 

            Sartre s’inspire profondément de la pensée de Heidegger, lorsqu’il affirme que l’existence précède l’essence ». Tout système théorique, toute pensée, toute réflexion ne peut se manifester que s’il y a déjà de l’existence, des existants. Ceci s’oppose à la pensée de Hegel dans laquelle c’est l’essence elle-même qui se rend effective dans l’existence. L’existence, pour Sartre, c’est une tension permanente entre le pour-soi et l’en-soi ou, pour le dire plus simplement, entre la conscience ou « réalité humaine » (expression qui fut la première traduction, depuis abandonnée, du Dasein de Heidegger) qui ne peut se fixer dans aucune forme stable, qui ne peut coïncider avec elle-même et les choses, celles-ci étant enfermées dans leur opacité, incapables de changer. Le projet de l’homme est de parvenir à réunir le pour-soi et l’en-soi, d’être conscient tout ayant le mode d’être des choses. Ce projet ne peut aboutir qu’à l’échec. Mais cet échec est en même temps le signe que l’homme ne saurait se défaire de sa liberté, celle-ci étant l’ « organe » du choix, de ce dont tout en-soi est incapable.

 

Ouvertures : la mort et l’engagement

 

« Des inconnus « meurent » chaque jour et à chaque heure. La « mort » se rencontre comme un événement bien connu qui se produit dans le monde. En tant que telle, elle se maintient dans l’insurprenance qui caractérise ce qui se rencontre quotidiennement. Le on s’est déjà assuré aussi pour cet événement d’une explication. Les propos tenus à son sujet, qu’ils soient clairement exprimés ou le plus souvent restreints à de « fugitives » allusions, reviennent à dire : on finit bien un jour par mourir mais pour le moment, nous-on demeure à l’abri. » Heidegger, Être et temps.

 

            Intéressons-nous pour finir à des questions plus spécifiques, mais ô combien fondamentales, concernant l’existence : la mort et l’engagement. Dans les philosophies de l’existence, cette dernière est conçue comme inobjectivable, réfractaire aux procédés « traditionnels » de la connaissance s’appuyant sur l’universalité, l’identité, etc. Autrement dit, l’existence est profondément affectée par la contingence ; l’existence est éprouvée mais ne prouve rien quant à sa nécessité ; elle est menacée par le temps et par là même elle est inséparable de la possibilité de sa fin, possibilité de la mort. Heidegger a particulièrement mis en relief ce point. Pour l’homme, la mort n’est pas, ou pas seulement un phénomène biologique. Il y a pourtant bien une objectivité de la mort. C’est par la mort d’autrui que j’acquière cette connaissance de la mort car celle-ci a lieu dans le monde comme un événement. J’y assiste, je l’éprouve d’une certaine manière. Mais, Heidegger le souligne, on est encore là dans le domaine du « on meurt » ; la mort ne nous surprend pas, nous savons qu’elle arrive à chacun et qu’elle arrivera un jour à nous-même mais nous savons aussi que cela n’aura pas lieu dans l’immédiat. À ce « on meurt », Heidegger opposer la mort authentique qui n’est pas un événement mais un rapport que l’homme ne cesse d’entretenir avec la mort. L’être-pour-la-mort est une dimension essentielle de l’homme. Ma mort n’est pas un événement car je ne puis en être le témoin. Elle est cependant au plus haut point mienne, dans la mesure où c’est (du moins pour Heidegger) la seule chose pour laquelle autrui ne peut pas se substituer à moi, ni même me seconder.

 

            Mais au-delà de la mort, il est possible de penser que c’est notre existence dans son intégralité qui est profondément et toujours nôtre. De là, il incombe à chacun de nous de réfléchir à son existence. Autrement dit, nous sommes responsables de notre existence. Et si l’on définit avec Sartre l’existence comme liberté, alors il y a une responsabilité de notre liberté, une responsabilité donc de nos actes (Sartre dira que laisser les autres agir à sa place est encore un choix donc une manifestation de la liberté). Être responsable, pour Sartre, voilà le signe du véritable engagement (dont l’engagement politique est une partie). Or s’engager, c’est en même temps s’exposer, poser des valeurs, proposer une définition de ce qu’est l’homme car l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il choisit d’être, ce choix étant loin d’être un acte aisé et arbitraire. On comprend ainsi que Sartre puisse affirmer que « l’existentialisme est un humanisme. »

 

Ce qu’il faut retenir

 

-         Essence et existence : Dans l’histoire de la philosophie, l’essence a le plus souvent eu un privilège sur l’existence, à laquelle elle s’opposait. En effet, l’essence (« ce qu’est une chose ») présente la nature de la chose, ses propriétés essentielles, ce qu’elle possède nécessairement (ex : la sagesse de Socrate) tandis que l’existence (« le fait d’être ») n’a affaire qu’aux accidents, à des données contingentes, inessentielles (ex : le fait pour Socrate d’être assis).

 

-         Les preuves de l’existence de Dieu : L’existence est considérée à partir du Moyen-âge comme le mode d’être des créatures de Dieu. Exister, c’est provenir de Dieu. Mais qu’en est-il de l’existence de Dieu ? La preuve la plus célèbre, la « preuve ontologique » pose qu’un être parfait doit posséder toutes les perfections. Or, Dieu est un être parfait et l’existence est une perfection, donc Dieu possède l’existence.

 

-         L’existence n’est pas un prédicat réel : Kant refuse la preuve précédente car, selon lui, il est impossible que l’existence soit une propriété parmi d’autres des choses. En effet, la réalité (i.e. pour Kant, l’essence) d’une pièce de 1 Euro sera la même que cette pièce existe ou non bien que, pour moi, cela puisse être très différent. L’existence est une modalité (comme le possible ou le nécessaire) se donnant dans une perception immédiate.

 

-         Puissance/Acte – Possible/Réel : Aristote distingue la puissance et l’acte. Être en acte, c’est avoir développé, sur le plan de la réalité, tout ce qui n’était que potentialité ; ainsi, une graine est, en puissance, une plante. Leibniz distingue quant à lui le possible du réel ; Une chose possible est une chose non contradictoire (au sens logique) mais toute chose possible n’est pas réelle ; elle n’existe pas nécessairement.

 

-         L’existence concrète de l’individu : Kierkeggard affirme que la philosophie doit cesser d’être purement spéculative. Le philosophe étant lui-même pris dans le tourbillon du monde doit s’attacher à penser l’existence et notamment ces affects que sont le désespoir, l’angoisse, etc. Cette étude ne le conduira aucunement à s’enfermer en lui-même ni même à simplement faire œuvre de psychologue. Elle a, au contraire, une dimension proprement éthique (ex : l’angoisse est profondément attachée à la liberté).

 

-         L’existence de l’homme : Pour Heidegger, seul l’homme existe car exister c’est habiter un monde (et non simplement être dans ce monde à la manière d’un objet dans une boîte), c’est-à-dire en faire l’horizon de ses projets.  L’existence est l’essence de l’homme.

 

-         L’existence précède l’essence : Pour Sartre, toute pensée, toute philosophie présuppose l’existence. Pour l’homme, l’existence est une tension entre le pour-soi et l’en-soi. Le premier est le mode d’être de la conscience qui se jette toujours au-delà d’elle-même, nie ce qu’elle est pour être autre chose ; le second est le mode d’être des choses, qui au contraire, ne changent pas, sont opaques.

 

-         La mort: L’existence se heurte à sa propre contingence, elle est toujours liée à la mort. Pour l’homme, la mort ne peut être un phénomène purement biologique. Pourtant, dans le fait de constater ou d’éprouver la mort d’autrui, nous continuons à considérer la mort comme un phénomène objectif, qui ne nous concerne pas immédiatement. Au contraire ma mort n’est pas un événement car je ne puis en être le témoin ; c’est le rapport que j’entretiens  avec « la possibilité de mon impossibilité ». Ma mort est ce que je ne peux déléguer à personne.

 

 

Indications bibliographiques

 

Aristote, Métaphysique ; Heidegger, Être et temps ; Kant, Critique de la Raison pure ; Kierkeggard, Post-scriptum non scientifique ; Leibniz, Nouveaux essais sur l’entendement humain ; Sartre, l’être et le néant – essai d’ontologie phénoménologique, l’existentialisme est un humanisme ;