Peut-il y avoir des dons absolument désinteressés

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Un début de problématisation ...

    La générosité, qui est essentiellement un oubli de soi, une occultation de soi, en tissant inévitablement un lien de dépendance à l'autre, fait rejaillir le soi dans des proportions gargantuesques. Le surabondant devient exhibition et donation au regard. Le don de soi se fait don pour soi dès le moment où le don s'érige en une dette pour autrui. La stature de l'âme généreuse devient pour l'autre un devoir-être, une mesure. Mais le don crée une inflation de ce devoir-être ; la dénivellation entre le donateur et celui qui reçoit devient pernicieuse en ce qu'elle génère un modèle de vertu qui n'est justement plus à la mesure de celui qui est induit en ce devoir de gratitude et ce, parce que la gratitude elle-même requiert la reconnaissance de cette dénivellation. Lors, tisser des liens avec le genre humain (générosité), devient une négation de l'égalité des individus de ce genre : l'instauration de la dénivellation est en même temps une destruction des liens. Parce que la générosité est absolue, qu'elle est une capacité de donner en pure perte, elle se mue successivement en obligeance au sens propre, puis en obligation qui pervertit le lien premier (le don de soi devient don pour soi) et ce lien est enfin désagrégé parce que la reconnaissance devient un devoir sans plaisir : la générosité est absolue, absolue parce que le don est purement gratuit, absolue parce qu'elle commence comme elle finit, sans lien à l'autre. Si la générosité s'avère, en fin d'analyse, receler en son sein une telle possibilité de perversion, sans doute nous faudra-t-il questionner notre cheminement pour savoir si c'est nous qui nous sommes fourvoyés ou bien si la générosité elle-même engendre cette puissance de dévoiement. Et puis s'il s'avère que la charité n'est autre que la générosité prescrite par la loi, donc devenue un devoir-être, où pourrions-nous trouver la générosité pure, c'est-à-dire un vouloir-être véritable ? Cette générosité pure, qui n'est que pour les autres et que l'on veut ainsi, existe-t-elle même ailleurs que chez celui qui n'a pas besoin de l'attrait du plaisir pour aimer la loi, c'est-à-dire chez le saint, être de l'idéal ou de la chimère ?

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Citations sur Peut-il y avoir des dons absolument désinteressés :

puce Il est absolument monstrueux de voir comme, derrière votre dos, les gens disent de vous des choses qui sont entièrement et absolument vraies. - Oscar (Finguall O'Flaherty Wills) Wilde
puce Voix de la chair : ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid ; celui qui dispose de cela, et a l'espoir d'en disposer à  l'avenir, peut lutter pour le bonheur. - Epicure
puce N'avoir jamais et d'aucune mainière besoin des autres et le leur faire voir, voilà  absolument la seule manière de maintenir sa supériorité dans les relations. - Arthur Schopenhauer
puce Il n’y a que deux sortes de gens vraiment attrayants : ceux qui savent absolument tout et ceux qui ne savent absolument rien. - Oscar Wilde
puce Les philosophes disent beaucoup au sujet de ce qui est absolument nécessaire pour la science, et il est toujours, autant qu'on peut voir, plutot naîf, et probablement erroné. - Richard Feynman