faut-il tolérer toutes les opinions?

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Un début de problématisation ...

    Rappel :
Le sujet invite le candidat à s’interroger sur la nécessité objective mais aussi sur la nécessité subjective de faire ou ne pas faire telle ou telle chose.
La dissertation doit toujours être la démonstration construite de l’idée directrice qui a été dégagée à partir du sujet.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire :
1. Il ne faut pas surtout pas affirmer dans un premier temps « oui, il faut… », puis dans un second temps « non, il ne faut pas… », et éventuellement dans un troisième temps « il faut peut-être… ».
2. Il ne faut pas vous contredire au cours de votre développement.
La dissertation ne doit jamais être construite sur le mode d’un plan :
« oui-non-peut-être».
Ce qu’il faut faire :
1. Il faut que vous interroger sur la nécessité objective de faire ou de ne pas faire quelque chose. La nécessité peut impliquer un rapport logique avec le sujet. Il faut vous poser la question « quels mobiles peuvent nous inciter d’un point de vue logique à faire telle ou telle chose ? »
2. Il faut que vous interroger sur la nécessité subjective de faire ou de ne pas faire quelque chose. La nécessité peut impliquer un rapport moral avec le sujet. Il faut vous poser la question « quelles conséquences dans le domaine des fins, va-t-il résulter du fait de commettre tel ou tel acte ? »
3. Vous pourrez ensuite vous poser la question de savoir si une discipline trop stricte de la nécessité tant objective que subjective ne risque pas de porter atteinte à la sphère pratique.
Exemple : « faut-il toujours dire la vérité ? » On pourra montrer dans un premier temps, dans les domaines scientifique et technique qu’il n’y a pas de raison logique à cacher la vérité. Mais il faudra ensuite se demander d’un point de vue éthique, si l’on a le droit de mentir. Enfin, on pourra s’interroger sur le devoir de loyauté envers autrui.
Il faut confronter les jugements de la manière la plus objective possible.

OPINION
(n. f.) ÉTYM.: latin opinari, "émettre une opinion". SENS ORDINAIRE: avis, jugement porté sur un sujet, qui ne relève pas d'une connaissance rationnelle vérifiable, et dépend donc du système de valeurs en fonction duquel on se prononce. PHILOSOPHIE: jugement sans fondement rigoureux, souvent dénoncé dans la mesure où il se donne de façon abusive les apparences d'un savoir.
L'interrogation sur la nature de la vérité* et les moyens de l'atteindre a conduit nombre de philosophes à distinguer, entre les différents types de connaissance possibles, ceux qui conduisent effectivement à la vérité, et ceux qui en éloignent. En un premier sens, l'opinion est ainsi traditionnellement considérée comme un genre de connaissance peu fiable, fondée sur des impressions, des sentiments, des croyances* ou des jugements de valeur subjectifs. Pour Spinoza*, par exemple, elle est forcément "sujette à l'erreur et n'a jamais lieu à l'égard de quelque chose dont nous sommes certains mais à l'égard de ce que l'on dit conjecturer ou supposer" (_Court traité_, chap. II). Depuis Platon*, et jusque chez de nombreux penseurs contemporains, l'opinion est dénoncée comme a priori douteuse, illusoire ou fausse, voire dangereuse, lorsqu'elle cherche à s'imposer en dissimulant la faiblesse de ses fondements sous les apparences de la plus claire certitude.
Selon Adorno* (_Modèles critiques_, 1963), "l'opinion s'approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s'y substituer", elle rassure à bon compte, parce qu'elle "offre des explications grâce auxquelles on peut organiser sans contradiction la réalité contradictoire". Tel est bien le "fonctionnement psychique" qui sous-tend, par exemple, les opinions racistes*: pour être plus crédible, la peur de l'autre prend le masque de l'affirmation de son infériorité ou de la mise en garde contre le danger qu'il est censé représenter. La justesse de ces analyses ne doit pas faire oublier qu'en un autre sens, l'opinion constitue une forme de connaissance utile, voire un type de jugements éminemment respectables. Dans le _Ménon_, Platon reconnaît aux opinions droites la faculté, sur les sujets qui ne relèvent ni de la science ni de la simple conjecture, d'éclairer l'action humaine. Dans le domaine moral par exemple, à défaut de vérités* certaines, des intuitions* justes relatives au bien* peuvent guider efficacement l'éducation ou l'action, en leur fixant pour but la satisfaction d'intérêts conformes aux exigences de la réflexion, et non à la soumission aux apparences ou au plaisir immédiat. Enfin, sur toutes les questions qui engagent des choix individuels qu'aucune autorité ne peut légitimement contraindre -la religion*, la préférence politique, l'adhésion à une conception du monde- la liberté d'opinion est un droit fondamental, dans les sociétés démocratiques en tout cas, dès l'instant où ceux auxquels elle est garantie n'en usent pas au détriment de la liberté d'autrui.
Analysée dans le _Traité théologico-politique_ (cf. texte p. 426), où Spinoza insiste sur la nécessité d'une indépendance absolue des opinions religieuses et de leur expression par rapport à l'État, la liberté d'opinion est proclamée dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Et depuis près d'un siècle, elle est au coeur du principe de la laïcité* qui garantit (en particulier en France) la séparation entre l'Église et l'État.
TERMES VOISINS: avis; croyance. TERME OPPOSÉ: science.
OPINION PUBLIQUE
Ensemble fluctuant de prises de positions portant sur des questions politiques, morales, économiques... Les "sondages d'opinion" prétendent en constituer une sorte de baromètre.
CORRÉLATS: connaissance; conviction; croyance; doute; foi; jugement; préjugé.

TOLÉRANCE
(n. f.) ÉTYM.: latin tolerantia, "constance à supporter". SENS ORDINAIRES: 1. Capacité d'accepter ou de supporter des perturbations physiques ou morales (tolérance à la douleur, au bruit...). 2. Sens péjoratif: acceptation contrainte de quelque chose qu'on ne peut empêcher. MORALE ET POLITIQUE: principe fondé sur l'égale liberté et dignité des convictions, qui exige de ne pas contraindre une opinion lorsqu'elle est contraire à la sienne.
Le principe de tolérance s'est développé dans le monde intellectuel européen de la fin du XVII^e siècle et pendant tout le XVIII^e siècle (cf. philosophie des Lumières*), notamment grâce à Pierre Bayle*, Locke* et Voltaire*, dans le contexte de la répression religieuse subie par les protestants depuis la révocation de l'édit de Nantes (1685).
La tolérance est un principe de raison qui repose sur l'idée du libre examen en vue de la recherche de la vérité. La revendication d'une tolérance politique avait tout son sens dans une situation historique où l'Église et l'État n'étaient pas séparés, et où le pouvoir politique était fondé sur l'absolutisme (cf. texte de Spinoza p. 426). Mais elle tend à être remplacée par le droit* dans les États démocratiques modernes où, la libre expression des convictions politiques et religieuses étant juridiquement reconnue et garantie, nous n'avons pas à les "tolérer". Le problème posé actuellement est celui des limites de la tolérance: doit-on tolérer l'intolérable? Ces limites sont malaisément identifiables: la liberté d'expression, par exemple, pose des problèmes extrêmement délicats (on ne saurait tolérer l'incitation au racisme... mais quelle attitude adopter vis à vis du négationnisme*?). Le débat sur ces questions est particulièrement vif aujourd'hui aux États-Unis, où les représentants de certaines minorités (femmes, Noirs, etc.) mènent une campagne contre certaines formes d'expression jugées politiquement "incorrectes".
TERMES OPPOSÉS fanatisme; intolérance. CORRÉLATS: droit; laïcité; liberté; modernité; racisme; relativisme; république.

Problème :
La condamnation de l'intolérance peut-elle éviter la contradiction de faire ce qu'elle condamne ?


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Citations sur faut-il tolérer toutes les opinions? :

puce Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a recues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissance. - Blaise Pascal
puce ...parmi toutes les vies possibles, il faut en choisir une à  laquelle s'ancrer, pour pouvoir contempler, sereinement, toutes les autres. - Alessandro Baricco
puce S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable. - Georges Courteline
puce L'homme supérieur serait celui qui aurait la plus grande multiplicité d'instincts, aussi intenses qu'on les peut tolérer. En effet, ou la plante humaine se montre vigoureuse, on trouve les instincts puissamment en lutte les uns contre les autres, mais dominés. - Friedrich Wilhelm Nietzsche
puce Toutes choses sont dites déjà  ; mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer. - André Gide