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Explication de texte Le gai savoir, Nietzsche, livre4, paragraphe 329

Explication de texte Le gai savoir, Nietzsche, livre4, paragraphe 329 Sujets / Commentaires de textes / Commentaires de Philosophie /

Un début de problématisation ...

    Loisirs et oisivetĂ©. Il y a une sauvagerie tout indienne, particulière au sang des Peaux-Rouges, dans la façon dont les AmĂ©ricains aspirent Ă  l'or ; et leur hâte au travail qui va jusqu'Ă  l'essoufflement le vĂ©ritable vice du nouveau monde commence dĂ©jĂ , par contagion, Ă  barbariser la vieille Europe et Ă  propager chez elle un manque d'esprit tout Ă  fait singulier. On a maintenant honte du repos : la longue mĂ©ditation occasionne dĂ©jĂ  presque des remords. On rĂ©flĂ©chit montre en main, comme on dĂ©jeune, les yeux fixĂ©s sur le courrier de la Bourse, on vit comme quelqu'un qui craindrait sans cesse de « laisser Ă©chapper » quelque chose. « PlutĂ´t faire n'importe quoi que de ne rien faire » ce principe aussi est une corde propre Ă  Ă©trangler tout goĂ»t supĂ©rieur. Et de mĂŞme que toutes les formes disparaissent Ă  vue d' il dans cette hâte des travailleurs, de mĂŞme pĂ©rissent aussi le sentiment de la forme, I'oreille et l' il pour la mĂ©lodie du mouvement. La preuve en est dans la lourde et grossière prĂ©cision exigĂ©e maintenant partout, chaque fois que l'homme veut ĂŞtre loyal vis-Ă -vis de l'homme, dans ses rapports avec les amis, les femmes, les parents, les enfants, les maĂ®tres, les Ă©lèves, les guides et les princes, on n'a plus ni le temps, ni la force pour les cĂ©rĂ©monies, pour la courtoisie avec des dĂ©tours, pour tout esprit1 de conversation, et, en gĂ©nĂ©ral, pour tout otium. Car la vie Ă  la chasse du gain force sans cesse l'esprit Ă  se tendre jusqu'Ă  l'Ă©puisement, dans une constante dissimulation, avec le souci de duper ou de prĂ©venir : la vĂ©ritable vertu consiste maintenant Ă  faire quelque chose en moins de temps qu'un autre. Il n'y a, par consĂ©quent, que de rares heures de probitĂ© permise : mais pendant ces heures on est fatiguĂ© et l'on aspire non seulement Ă  « se laisser aller », mais encore Ă  s'Ă©tendre lourdement de long en large. C'est conformĂ©ment Ă  ce penchant que l'on fait maintenant sa correspondance ; le style et l'esprit des lettres seront toujours le vĂ©ritable « signe du temps »2 . Si la sociĂ©tĂ© et les arts procurent encore un plaisir, c'est un plaisir tel que se le prĂ©parent des esclaves fatiguĂ©s par le travail. Honte Ă  ce contentement dans la « joie » chez les gens cultivĂ©s et incultes ! Honte Ă  cette suspicion grandissante de toute joie ! Le travail a de plus en plus la bonne conscience de son cĂ´tĂ© : le penchant Ă  la joie s'appelle dĂ©jĂ  « besoin de se rĂ©tablir », et commence Ă  avoir honte de soi-mĂŞme. « On doit cela Ă  sa santĂ© » c'est ainsi que l'on parle, lorsque l'on est surpris pendant une partie de campagne. Oui, on en viendra bientĂ´t Ă  ne plus cĂ©der Ă  un penchant vers la vie contemplative (c'est-Ă -dire Ă  se promener, accompagnĂ© de pensĂ©es et d'amis) sans mĂ©pris de soi et mauvaise conscience. Eh bien ! autrefois, c'Ă©tait le contraire : le travail portait avec lui la mauvaise conscience. Un homme de bonne origine cachait son travail quand la misère le forçait Ă  travailler. L'esclave travaillait accablĂ© sous le poids du sentiment de faire quelque chose de mĂ©prisable : le « faire » lui-mĂŞme Ă©tait quelque chose de mĂ©prisable. « Seul au loisir (otium) et Ă  la guerre (bellum) il y a noblesse et honneur » : c'est ainsi que parlait la voix du prĂ©jugĂ© antique !

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Citations sur Explication de texte Le gai savoir, Nietzsche, livre4, paragraphe 329 :

puce La lecture véritable surpasse le texte qui est lu, brise ses marges, va plus loin. Le texte est un supprot presque miraculeux pour que la lecture instaure un monde nouveau. - Roberto Juarroz
puce Quand on ne sait pas, on ne se pose pas trop de questions, mais quand on commence à disposer d'un début d'explication, on veut à tout prix tout savoir, tout comprendre. - Bernard Werber
puce Il y a trois sortes de savoir : le savoir proprement dit, le savoir-faire et le savoir-vivre ; les deux derners dispensent assez bien du premier. - Charles Maurice de Talleyrand-PĂ©rigord
puce Il n'existe guère de texte, si ennuyeux soit-il, qui ne contienne une perle susceptible de faire rire. - Didier Nordon
puce Quiconque ose toucher à  un texte, soit commencer par en avoir une parfaite intelligence ; sinon il fera des confusions regrettables. - Fray Luis de Leon