le génie et la règle

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Un début de problématisation ...

    Problème : qu'est-ce que créer ?
Introduction : Le paradoxe de la création : l'acceptation et le dépassement d'un donné.
I. La création : de la transitivité à l'originalité.
A. Création et transitivité : la création entre la poièsis et la praxis (Aristote).
B. Création et originalité : la création entre l'imitation et l'absurde (Kant).
Transition : De l'objet au sujet.
Il. Création et création de soi.
A. La force de supporter l'être (Hegel).
B. Une définition trop large.
Transition : La création pour la création.
III. De la violence inhérente à toute création.
A. Éric Weil et l'homme de l'oeuvre.
B. L'importance des moyens (Weil, De Chirico).
Conclusion : La grâce de la création.
POUR ALLER PLUS LOIN
PLATON, Ion, Garnier-Flammarion.
KANT, E., Critique de la facuité de juger, 1790, Vrin. NIETZSCHE, F., Humain, trop humain, 1878, Gallimard, chapitre 4.
VALÉRY, P., Mémoires du poète, dans Variété, édition de La Pléiade, OEuvres I, Gallimard.
ALAIN, Système des Beaux-Arts, 1920, édition de La Pléiade, Gallimard.
BOURDIEU, P., Mais qui a créé les créateurs?, dans Questions de sociologie, 1984, Les Éditions de Minuit.
L'art contemporain contre l'art moderne ?, dans Esprit, octobre 1992. Lire notamment les pages 43 à 53.


-La création artistique L'art qui vise la création du beau s'affranchit cependant de l'utile, et d'une fin déterminée à l'avance, à moins d'enfermer le beau dans des canons esthétiques, de déterminer un idéal dans le but de fournir un modèle aux artistes. La modernité* a libéré les beaux-arts de telles contraintes, l'esthétique kantienne insistant à la fois sur la liberté de l'artiste et sur l'impossibilité d'expliquer la beauté par la correspondance avec une finalité*. La beauté offre une impression de complétude, de totalité, sans qu'une idée puisse justifier ce sentiment. L'artiste susceptible de produire cette beauté possède le génie: selon Kant*, le génie est plus que le simple talent, il est ce qui donne des règles à l'art, ce qui crée des formes susceptibles d'être imitées, sans se référer par principe à quelque chose de déjà existant. Une oeuvre d'art correspondant de manière perceptible à un modèle, faite visiblement selon des règles laborieusement appliquées, sera dite académique et pourra susciter de l'agrément, sans plus. Si l'art du génie rivalise ici avec la nature, ce n'est pas seulement par son pouvoir de création*, mais parce que ses productions peuvent procurer, comme le spectacle de la nature, le sentiment esthétique. Ce sentiment est le critère du beau dans l'esthétique kantienne; la contemplation désintéressée du beau naturel ou du beau artistique procurent une satisfaction irréductible au simple agrément, et pour laquelle le sujet requiert l'assentiment d'autrui (esthétique), sans pouvoir exiger cet assentiment au nom d'une démonstration logique. -Signification de l'oeuvre d'art Si l'oeuvre d'art est le fruit de la libre inspiration du génie, d'une force irrationnelle qui l'éloigne de l'application et de la rationalité du travail, le pouvoir que conserve l'oeuvre d'art à travers les siècles et en dépit des différences de culture est-il destiné à résister à la réflexion? La philosophie hégélienne propose de voir dans l'oeuvre d'art une réalité sensible mais pourvue de signification: la vérité* y devient perceptible, sous une belle forme. L'art est en effet un moment de la conscience universelle, l'esprit se reconnaissant dans des formes extérieures; il se trouve ainsi pourvu d'une historicité*, l'histoire de l'art étant la succession et le progrès de ces formes, tandis que l'art lui-même est destiné à disparaître, comme forme éminente de la conscience. À la mort de l'art succèdent la religion et la philosophie: la présence à la conscience de la divinité n'exige pas, en effet, une forme sensible; tandis que la philosophie comme pensée pure rend l'esprit directement présent à lui-même. Pour Nietzsche, il n'y a pas à rechercher une telle rationalité dans l'art, dont le but n'est aucunement de rechercher la vérité. La recherche de la vérité est trop souvent la marque de l'appétit de domination; mais, si elle est sincère, elle mène à renoncer à la présomption d'améliorer l'humanité, de la sauver: la réalité qu'elle découvre est dépourvue de sens*, irrationnelle. L'oeuvre d'art est alors le témoin de la lucidité dont l'homme est capable, lucidité qui se traduit par le désir de réaffirmer la vie par-delà l'absurdité et la douleur du monde. Elle est l'illusion joyeuse qui permet de vivre quand même (cf. Apollon et Dionysos). Cette illusion salutaire prend donc la forme de l'éternel retour*: l'art est une attitude, toujours nécessaire, vis-à-vis d'une réalité que n'améliore aucun progrès*. -L'art aujourd'hui Nietzsche anticipait ainsi, d'une certaine manière, sur les remaniements que la modernité a fait subir à la conception traditionnelle de l'art, en définissant ce dernier comme un mouvement plus que comme la recherche d'un idéal de beauté. Tout d'abord, le statut de l'oeuvre d'art s'est trouvé modifié du fait des expérimentations et des ruptures qui ont affecté tous les arts. On a pu reprocher à l'art moderne de poursuivre la nouveauté, dans certains cas la provocation même, et d'engendrer l'étonnement plus que le plaisir immédiat. Une oeuvre fragile, éphémère, qui tire sa valeur du geste qui l'a créée dans le présent plus que d'une ambition de s'inscrire dans la durée et de susciter l'admiration et le plaisir, mérite-t-elle encore, le nom d'oeuvre d'art? Ce problème étant posé, comment définir la création artistique? Les sciences humaines, en particulier la sociologie et la psychanalyse, lorsqu'elles expliquent la création par des déterminismes sociaux ou affectifs, privent par là même la subjectivité de sa liberté souveraine dans le jugement esthétique. Si la création relève des pulsions, dans quelles conditions peut-elle être l'objet d'une reconnaissance universelle? Si le sentiment du beau est déterminé au fond par des conventions sociales, peut-il avoir une véritable légitimité? D'autre part, la possibilité de reproduction indéfinie des oeuvres d'art qui les rend accessibles au plus large, public -en même temps qu'apparaissait le cinéma*, forme d'art entièrement, déterminée par la reproduction technique- n'a-t-elle pas modifié les conditions mêmes de la création? Face à ces interrogations, il faut d'abord se garder de croire que l'art du passé parlait immédiatement aux contemporains: la nouveauté, avant d'être assimilée par la culture*, a souvent été une cause de conflit. Justement, parce que la modernité appelle une interrogation à ce propos, il faut rappeler que la beauté artistique ne s'est jamais identifiée à la séduction, sauf à en avoir une conception réductrice, et qu'elle est une incitation à penser. Enfin, condamner ou louer de façon univoque l'art de masse ou la démocratisation, se contenter d'expliquer le rapport de l'oeuvre d'art à ses destinataires par les déterminismes psychiques ou sociaux, ne doit pas faire oublier le caractère irréductible du sentiment esthétique.
GÉNIE (n. m.) ÉTYM.: latin genius, "divinité", puis "inclination", "talent". SENS ORDINAIRES: 1. Divinité, être mythique. 2. Caractère original et spécifique (ex.: "le génie d'une langue, d'un peuple"). 3. Aptitude naturelle à créer quelque chose d'exceptionnel dans un domaine, ou dans certaines circonstances (ex.: "avoir le génie des affaires"). ESTHÉTIQUE: source plus ou moins mystérieuse de l'inspiration et de la création artistiques. D'où les oeuvres d'art* tirent-elles l'originalité et la supériorité qui leur confèrent un statut à part, les distinguant radicalement des autres produits de l'activité humaine? Pour Platon*, le génie des artistes leur est communiqué directement par les dieux. Le caractère exceptionnel, et selon lui exemplaire, des oeuvres d'art est la raison pour laquelle, selon Kant*, l'art doit être distingué à la fois de la nature*, de la science* et du travail*: "Le génie est la disposition innée de l'esprit par laquelle la nature donne ses règles à l'art" (_Critique de la faculté de juger_). À l'opposé de cette tradition, Nietzsche* refuse de voir dans les artistes des êtres supérieurs: "Toute activité de l'homme est compliquée à miracle, non pas seulement celle du génie, mais aucune n'est un miracle" (_Humain, trop humain_). Croire en une sorte de divinité des artistes est "un enfantillage de la raison": "génie" est donc, pour Nietzsche, le nom donné par ceux qui s'en sentent dépourvus à ce qui n'est qu'une force particulièrement active de travail et d'expression, dont seuls les produits achevés sont visibles. TERMES VOISINS: divinité; talent.
RÈGLE (n. f.) ÉTYM.: latin regula, "règle" (au sens matériel), "étalon". SENS ORDINAIRE: formule indiquant ou prescrivant la conduite à suivre, ou l'action à effectuer dans une situation ou un domaine déterminés. Comme l'instrument, qui sert à tracer des traits droits, ou à mesurer, une règle indique le "droit chemin" à emprunter pour agir conformément aux normes* en vigueur dans tel ou tel domaine de la pensée ou de l'action, ou aux principes* qui prescrivent la voie à suivre pour atteindre une certaine fin (ex.: les règles morales, de la composition musicale, du calcul, etc.). Descartes*, par exemple, a formulé aussi bien "les principales règles de la méthode*" pour progresser dans la connaissance, que "celles de la morale qu'il a tirée de cette méthode" (_Discours de la méthode_, Introduction), et les "règles pour la direction de l'esprit", auxquelles il a consacré le traité du même nom. TERMES VOISINS: maxime; norme; précepte; principe. CORRÉLATS: loi; méthode; norme/normatif; principe; valeur.
Cf les deux solutions proposées

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Citations sur le génie et la règle :

puce Tout radio-réveil réglé sur une station de musique et réglé à faible volume, se déclenche le lendemain sur de la pub et volume à fond. - Loi d Yves
puce Quand le génie de l'invention s'éteint, le génie de l'histoire s'éveille. - d'Aurevilly Barbey
puce Le gène fait le génie, mais le génie perfectionne le gène. - Louis Pauwels
puce L'activité du génie ne paraît pas le moins du monde quelque chose de foncièrement différent de l'activité de l'inventeur en mécanique, du savant astronome ou historien, du maître en tactique ... Toute activité de l'homme est compliquée à miracle, non pas seulement celle du génie; mais aucune n'est un "miracle. - Friedrich Nietzsche
puce Règle ta bouche sur ta bourse. - Anonyme