imaginer, est-ce trahir ?

imaginer, est-ce trahir ? Sujets / Le sujet / La perception /

Un début de problématisation ...

    Peut-on préférer l’imagination à la réalité ?
Problématique
La formulation du sujet pourrait laisser entendre que l'on opte volontairement pour l’imagination. Or, précisément, celui qui est dans l’imagination ne sait pas qu'il y est. On ne préfère pas volontairement l’imagination à la vérité. Néanmoins, toute l’imagination est dans une certaine mesure auto-illusion : l'homme qui est dans l’imagination n'est pas trompé ; il se trompe. En conséquence, on peut se demander s'il y a un devoir de faire face à la vérité, et de la reconnaître, qui serait comme le pendant du devoir de dire ou de faire connaître la vérité (une sorte de devoir épistémologique qui consiste, par exemple, à accueillir comme vrais les résultats de la recherche scientifique, pourvu qu'ils aient été vérifiés conformément aux règles de la vérification scientifique).
D'autre part, on l'a dit, le propre de l’imagination est de s'ignorer comme telle. L’imagination n'est pas seulement l'asile de l'ignorance. Elle génère aussi des certitudes et des croyances. C'est là qu'est le risque : que les fausses certitudes de l’imagination étouffent la vérité.
La valeur des apparences selon. Nietzsche
D'après Nietzsche, l'homme est pour le moins enclin à confondre son besoin de croire à quelque chose avec une quête de vérité. En effet, « croire, c'est tenir pour vrai ». Or, pour vivre et pour agir, nous avons sans cesse besoin de croire. Ce que nous appelons « vérité », ce sont donc les croyances dont nous avons besoin, en tant qu'individus ou en tant qu'espèce. La vie se nourrit d'illusions vitales, de croyances auxquelles il nous faut croire, non parce qu'elles sont vraies, mais parce qu'elles sont nécessaires à la vie. Il se pourrait donc que l'idée même de vérité soit notre plus ancienne erreur, notre seule erreur. Elle nous conduit, depuis Platon au moins, à disqualifier le témoignage de nos sens pour chercher, derrière les apparences, un « monde vrai », une vérité. C'est pourquoi Nietzsche peut s'écrier : « l'art a plus de valeur que la vérité », parce que l'art nous désapprend à aller chercher derrière les apparences, il nous réapprend à jouir des apparences sans rien aller chercher au-delà. Si la vie est un pur jeu avec les apparences, alors l'art seul lui est fidèle, plus que la science ou la philosophie. « L'art au service de l'illusion voilà notre culte ! » (Nietzsche)


Obtenir un corrigé personnalisé du sujet de philosophie : imaginer, est-ce trahir ?

Vous devez traiter ce sujet ?

Obtenir le corrigé de imaginer, est-ce trahir ? Notre équipe de professeurs de philosophie se propose de réaliser pour vous un véritable corrigé de "imaginer, est-ce trahir ?". Votre sujet de philo sera traité selon les indications que vous fournirez. Vous pouvez même spécifier le délai sous lequel vous souhaitez recevoir votre correction. Vous recevrez votre corrigé par email, en toute simplicité, dés que votre sujet aura été traité.

Obtenir ce corrigé - Fonctionnement de MaPhilo.net

Discuter de ce sujet

Souhaitez-vous commenter ce sujet, pour obtenir de l'aide de la part des autres visiteurs ou, au contraire, en offrir ?

Sujets similaires :

puce peut-on imaginer une société sans art? - L'art
puce traduire est-ce trahir? - L'interprétation
puce Peut-on imaginer un monde sans Dieu? - La religion
puce Interpréter est-ce forcement trahir? - La vérité
puce Interpréter est-ce forcément trahir? - Divers




Citations sur imaginer, est-ce trahir ? :

puce Vivent mes ennemis ! Eux du moins ne peuvent pas me trahir. - Henry Millon de Montherlant
puce Imaginer, c'est se restreindre, c'est exclure. - Emil Michel Cioran
puce Le vrai est qu’il est aussi impossible de concevoir l’esprit que d’imaginer ce qui n’est pas. - Edgar Poe
puce Je n'aime lire que ce que je ne comprends pas. Ne comprenant pas, je peux imaginer des multiples interprétations. - Salvador Dali
puce C'est l'un des traits constants de toute mythologie petite-bourgeoise, que cette impuissance à  imaginer l'Autre. - Roland Barthes