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le travail n'a-t-il de sens que par la rémunération qui l'accompagne?

le travail n'a-t-il de sens que par la rémunération qui l'accompagne? Sujets / La culture / Le travail /

Un début de problématisation ...

    Le travail n'est-il pour l'homme
qu'un moyen de subvenir à ses besoins?
Le mot «travail» s'entend en plusieurs sens. Il peut aussi bien signifier l'action de transformer ou de façonner un matériau brut (c'est en ce sens qu'on parle du travail artisanal de la pierre ou du travail d'un écrivain sur la langue), que le résultat de cette activité (l'oeuvre produite) ou encore la profession au sein de laquelle celle-ci s'exerce (perdre son travail). Il désigne aussi une grandeur mesurée par le physicien (quantifiable, le travail mécanique d'une machine s'exprime en joules). Le terme prend aussi le sens de tourment et de peine, comme dans les locutions être travaillé par une idée, qui veut dire «être tourmenté par une idée» ou entrer en travail, c'est-à-dire commencer à éprouver les douleurs de l'enfantement. Ces dernières acceptions du mot «travail» portent encore la marque de son étymologie: «travailler» vient, en effet, du latin populaire tripaliare qui signifie littéralement «tourmenter, torturer avec le trepalium» (trepalium désigne un outil de torture). L'étymologie témoigne donc du fait que le travail est souvent envisagé comme une activité impliquant une certaine violence.
Cette violence peut s'exercer sur la personne même du travailleur, puisque celui-ci est contraint de réprimer certaines de ses inclinations spontanées pour satisfaire aux exigences de son activité laborieuse -la production précédant la consommation et la retardant. Elle se repère aussi dans ses effets sur l'environnement puisque le travail humain agit sur la nature en la transformant (par exemple en agriculture, la déforestation, l'irrigation ou la culture de plantes génétiquement modifiées).
Pourtant cette violence impliquée par le travail tant à l'égard des hommes que de la nature n'est pas nécessairement aveugle, ni toujours destructrice; car le travail humain est aussi une activité réfléchie qui suppose un certain degré de préparation et une réflexion préalable. Il est une opération d'abord conçue, représentée sous la forme d'un projet et réalisée ensuite conformément à ce dernier. Il n'est pas non plus une activité nécessairement destructrice, ne serait-ce que parce que sa fin est de produire*
un nouvel objet. En tant qu'activité productive, le travail conduit le matériau ouvré à prendre des formes nouvelles, plus utiles à l'homme. C'est pourquoi il faut soigneusement le distinguer, d'une part, d'occupations comme la chasse ou la cueillette, lesquelles visent d'emblée à consommer, à détruire par l'usage, les objets sur lesquelles elles portent, d'autre part, des activités ludiques, puisque les jeux ne visent pas à produire des oeuvres, mais à procurer le délassement. Le travail est-il la marque d'une humanité déchue?
La plupart des besoins humains ne peuvent être satisfaits que par le moyen d'un travail souvent long et pénible. C'est pour cette raison que les travaux des hommes se limitent généralement à la satisfaction de leurs besoins quotidiens et n'engendrent que des produits* précaires qui sont «consommés» peu de temps après leur réalisation. Ce caractère éphémère des résultats du travail semble rendre dérisoire la peine que l'on s'est donnée pour les obtenir. On comprend dès lors que l'assujettissement des hommes au travail ait pu apparaître comme une injustice liée à la condition humaine.
p. 235
Aussi certains récits mythiques ou religieux tentent-ils de justifier la nécessité du travail en le présentant comme une punition. Dans l'Ancien Testament, l'épuisante conservation de la vie humaine par le travail quotidien et la douloureuse reproduction de cette vie par les moyens de l'enfantement sont les marques d'une humanité déchue. Cette déchéance est la conséquence de ce que la théologie chrétienne appelle le «péché originel» d'Adam et Eve, les ancêtres communs de tous les hommes, qui ont goûté au fruit de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, en dépit de l'interdiction divine (texte 1). Pour les anciens Grecs, l'humanité vit à présent à l'âge de fer où elle est soumise à la fatalité du labeur* journalier, en punition de la faute de Prométhée, titan révolté contre les dieux ayant dévoilé aux hommes, malgré eux et contrairement à la volonté de Zeus, le mystère du feu (Hésiode, Les Travaux et les Jours). La tradition grecque présente donc, elle aussi, le travail comme l'effet d'une malédiction entraînant une déchéance de l'humanité.
Cette incompatibilité est reprise à un autre niveau par la plupart des philosophes de la Grèce ancienne. L'activité noble n'est pas celle du travailleur qui produit les moyens nécessaires à la subsistance de la collectivité, mais celle de l'«homme libre» qui dispose du loisir* (scholè) lui permettant d'exercer pleinement sa nature d'homme, d'être à la fois destiné à participer à la vie politique de sa cité et à une activité rationnelle désintéressée, philosophique ou scientifique. Ce mépris du travail trouve dans la légitimation philosophique de l'esclavage par Aristote une illustration idéologique dont Hannah Arendt s'est efforcée d'expliquer le sens en évitant toute illusion rétrospective. Le mot «travail» s'entend en plusieurs sens. Il peut aussi bien signifier l'action de transformer ou de façonner un matériau brut (c'est en ce sens qu'on parle du travail artisanal de la pierre ou du travail d'un écrivain sur la langue), que le résultat de cette activité (l'oeuvre produite) ou encore la profession au sein de laquelle celle-ci s'exerce (perdre son travail). Il désigne aussi une grandeur mesurée par le physicien (quantifiable, le travail mécanique d'une machine s'exprime en joules). Le terme prend aussi le sens de tourment et de peine, comme dans les locutions être travaillé par une idée, qui veut dire «être tourmenté par une idée» ou entrer en travail, c'est-à-dire commencer à éprouver les douleurs de l'enfantement. Ces dernières acceptions du mot «travail» portent encore la marque de son étymologie: «travailler» vient, en effet, du latin populaire tripaliare qui signifie littéralement «tourmenter, torturer avec le trepalium» (trepalium désigne un outil de torture). L'étymologie témoigne donc du fait que le travail est souvent envisagé comme une activité impliquant une certaine violence.
Cette violence peut s'exercer sur la personne même du travailleur, puisque celui-ci est contraint de réprimer certaines de ses inclinations spontanées pour satisfaire aux exigences de son activité laborieuse -la production précédant la consommation et la retardant. Elle se repère aussi dans ses effets sur l'environnement puisque le travail humain agit sur la nature en la transformant (par exemple en agriculture, la déforestation, l'irrigation ou la culture de plantes génétiquement modifiées).
Pourtant cette violence impliquée par le travail tant à l'égard des hommes que de la nature n'est pas nécessairement aveugle, ni toujours destructrice; car le travail humain est aussi une activité réfléchie qui suppose un certain degré de préparation et une réflexion préalable. Il est une opération d'abord conçue, représentée sous la forme d'un projet et réalisée ensuite conformément à ce dernier. Il n'est pas non plus une activité nécessairement destructrice, ne serait-ce que parce que sa fin est de produire*
un nouvel objet. En tant qu'activité productive, le travail conduit le matériau ouvré à prendre des formes nouvelles, plus utiles à l'homme. C'est pourquoi il faut soigneusement le distinguer, d'une part, d'occupations comme la chasse ou la cueillette, lesquelles visent d'emblée à consommer, à détruire par l'usage, les objets sur lesquelles elles portent, d'autre part, des activités ludiques, puisque les jeux ne visent pas à produire des oeuvres, mais à procurer le délassement.
Tout travail implique l'usage d'outils et donc de certains moyens techniques. Au sens courant, la technique se définit comme un ensemble de moyens permettant d'obtenir efficacement certains résultats déterminés, jugés utiles.


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Citations sur le travail n'a-t-il de sens que par la rémunération qui l'accompagne? :

puce La valeur d'une marchandise, ou la quantité de toute autre marchandise contre laquelle elle s'échange, dépend de la quantité relative de travail nécessaire pour la produire et non de la rémunération plus ou moins forte accordée à l'ouvrier. - Ricardo
puce En fait l'élément libérateur de l'opprimé, c'est le travail. En ce sens c'est le travail qui est d'abord révolutionnaire. - Jean-Paul Sartre
puce Le vrai travail est avec l’homme ; c’est le travail des champs et des jardins, les heureux échanges formés sous le regard, et la division du travail, mais non point poussée jusqu’à la division des hommes. - Alain
puce Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture... il faut mater la passion extravagante des ouvriers pour le travail... - Lafargue
puce Le loisir dépend étroitement du travail, mais il est vrai aussi qu'il contient des éléments irréductibles au travail; il est vrai aussi qu'il dépasse le travail et qu'il offre à l'homme des possibilités que celui-ci ne retrouvera nulle part ailleurs. - Domenach